Loly Pop * Rang à définir

 Nombre de messages: 1619 Age: 17 Logiciel de création: °. Photofiltre / Photoshop' et mon crayon (non mais!^^) Appareil Photo: °. Un canon non-identifié Date d'inscription: 01/09/2006
 | Sujet: Concours Halloween d'écriture > sondage Jeu 14 Jan - 19:58 | |
| SUJET : - Paroles de Fantôme – | Spoiler: | | | Les ombres s’étirent et tourbillonnes dans de silencieux cris de détresses. Vous le savez. Vous le sentez au plus profond de vous-même. Halloween approche à grand pas. Les Esprits perdus rodent. Ils prennent de plus en plus de risques, allant même jusqu’à se glisser furtivement dans la moindre parcelle d’obscurité, sentant que leur Heure approche. Vous les entendez. Ces êtres torturés qui attendent cette nuit si redoutée avec l’avidité d’un vampire affamé face à un joli cou blanc. L’un d’eux s’approche de vous. Vous faites un pas en arrière, étonné puis… Vous vous laissez faire. Il s’insinue doucement dans votre esprit, presque tendrement. Et là, des chuchotis. Discrets, presque du charabia. Mais seul vous les entendez. Seul vous le comprenez. Que raconte-t-il ainsi ? Sa vie, sa mort, son tragique destin ? Sa dramatique histoire ? Le pourquoi du comment il rôde ainsi sur terre, prisonnier de ses chaînes pour l’éternité ? Qui était-il ? Prince, banni, savant fou, chevalier, viking, meurtrier, la victime ou coupable ? Seul vous le savez. Il compte sur vous pour déclamer au monde entier ce qu’il vous a confié. Paroles, de tant de noires et d’un rouge unique rouge d’un fantôme torturé. D’une âme châtiée ou tout simplement en quête de vengeance. Oui, vous savez de quoi je parle. Cessez vos cachotteries. Vous avez scellé un serment. Vous devez, vous le lui devez… Dévoiler le secret du défunt au monde entier. Nous redire, mot pour mot, ses sombres murmures, marqués en lettres de glace en vous. C’est votre destin : nous révéler le sien. Une histoire sanglante n’est-ce pas ? Oui, vous en tremblez. Des actes abominables, qu’en pensez-vous ? Bien sûr, ces larmes… Tant de tristesse, tant de malheurs sur une seule et unique personne ! Allons, stoppez votre tourment. Racontez nous donc, et le poids de l’horreur s’ôtera (peut-être) de vos épaules. Oui, dites nous. N’ayez pas peur de nous soulager. Beaucoup ont tenté de garder cela pour eux. ‘Après tout, ce ne sont que des mots…’ Beaucoup ont perdu la vie. N’ayez pas peur. Laissez la voix du fantôme devenir votre. Oui, faites-nous cauchemarder à notre tour…
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La Date Limite est le 1er Janvier// au 10 Janvier finalement! Contraintes: suivre le sujet donc: retranscrire mot pour mot les paroles d'un fantôme torturé qui s'est confié à vous/ vous a confié son histoire/ vous demande de la venger... A vous de vous montrer créatifs et... gOoOoores, térIiiiIffiAaaAaants!! ;P Bref, faites-nous cauchemarder!! Muhahahahaa Longueur: de quinze pages à un petit paragraphe, à vous de faire comme vous le sentez! Après tout, personne n'a dit que les fantômes étaient bavards.... Une fois fini, envoyez moi votre texte par MP! (Il sera en sécurité avec moi... *rire démoniaque*) Vous pourrez le modifier jusqu'à clôture du concours. |
_____________________________ Merci encore aux participants ... et aux votants!^^
TEXTES:
TATOUN:
| Spoiler: | | | Vous connaissez des histoires de fantôme, je suppose. On en connaît tous. Moi-même, de mon vivant, j'étais passionné par les créatures fantastiques qui peuplent le monde de l'au-delà. Vous savez, mon existence ne fut que peu divertissante, c'est pourquoi je m'enfermais dans un univers magique créé de toutes pièces. Chaque jour, je fermais méthodiquement les yeux et je rêvais des lumières tremblantes que soutenait une file de spectres, cheminant dans la campagne, appelant peu à peu les créatures d'Halloween à sortir de leurs tanières et à se mettre en marche. Où allaient-ils ? Je ne sais pas. Ils cheminaient sans but, et moi, je les observais sans un mot, caché derrière une pierre ou un buisson, effrayé et fasciné, espérant de tout cœur que l'un des ectoplasmes remarque ma tignasse rousse qui tachait le paysage gris et morne des collines comme une goutte de sang, et qu'il m'appelle à le rejoindre afin de faire de moi leur chef. Je me voyais déjà, menant la macabre file vers l'horizon pâle, levant les créatures les plus incongrues et les plus terribles. Mais j'ouvrais immanquablement les yeux le matin venu. Je ne vous cache pas que j'ai essayé nombre de fois de les refermer pour retrouver mes funestes amis, mais rien n'y faisait. Ils étaient partis. Durant soixante dix-huit années, j'ai vécu ainsi, partagé entre le monde réel, insipide et inintéressant, et le monde de mes joyeux cauchemars que j'attendais de retrouver avec impatience dès mes yeux ouverts le matin. Soixante dix-huit ans, c'est long. Très long. J'ai espéré, attendu, perdu espoir, espéré de nouveau. Mais jamais les spectres n'ont daigné m'accorder un regard, aussi infime soit-il. Je ne me laissas pourtant pas de mon univers fictif. Il m'attirait. Plus mes joues se creusaient et me cheveux devenaient gris, plus mes monstres devenaient impressionnants. Des colosses de plusieurs mètres de haut, les crocs saillants, recouverts de sang, laissant des traînées rougeâtres dans la neige. Quelques fois, des êtres inoffensifs, comme des ombres, croisaient la route de la file, mais aussitôt quelques spectres et autres créatures se jetaient sauvagement sur eux et les dévoraient jusqu'à n'en laisser que quelques os immaculés, au milieu d'une mare de sang. Je me souviens d'un jour, je devais avoir environ quarante ans, peut-être cinquante, je m'étais approché de la dépouille d'une des ombres et je l'avais touchée du pied. Il restait quelques lambeaux de peau pendant ça et là, mais surtout, la tête de la bestiole avait échappé aux griffes acérées des prédateurs que je me bornais à suivre. La tête était fascinante. Je plongeai mes yeux dans les siens, et je fus étonné de découvrir une lueur de vie au fond des globes sanglants. La tête cligna des paupières. J'étais hypnotisé. Elle ouvrit la bouche et un filet de sang dégoulina sur ma manche, touchant ma peau et pénétrant ma chair. Le choc fut rude et je tombai à genoux. Le sang frais s'infiltrait sous ma peau. Je le sentais courir dans mes veines, me monter à la tête. Je mis ma main sous mon nez, le liquide chaud coulait à présent. La tête inerte s'anima alors, et me souffla quelques mots. Je ne distinguai alors que les plus importants à mes yeux, "ne les approche pas" et "ils te tueront". Je jetai la tête hors de ma vue. Elle m'avait ensorcelé, mais je n'allais pas me laisser faire ! Foi d'Archibald Broquemort, personne ne m'empêcherai de rejoindre les rangs des spectres que je suivait maintenant depuis longtemps. Je continuai mon périple à la suite des défunts. Il me menèrent dans les montagnes. Je ne pensais pas qu'il put y avoir autre chose que les plates collines dans lesquelles je marchait depuis soixante ans, alors vous pensez bien que lorsque je me suis retrouvé entouré de pics enneigés, je fus émerveillé. Enthousiaste, joyeux, j'étais redevenu le petit garçon que j'aurais dû être. Je n'avais jamais vu pareil paysage, les flocons gros comme un poing tombaient si fort que je fus bientôt pris dans une tempête. Ma vue se brouilla, et lorsque je pu discerner quelque chose de nouveau, plus aucune trace de la file. Je cherchai de tous les côtés, jusqu'à trouver un indice, une branche cassée, des traces de pas... Mais rien. J'ouvris les yeux. Ma vie continuait néanmoins dans le monde réel, mais elle avait perdu le peu de saveur qu'il lui restait. Mes nuits étaient blanches au premier sens du terme, j'errais sans fin en ces terres isolées. Je mourrais un peu de froid à chaque seconde, jusqu'au jour, ou plutôt à la nuit ou je découvris quelques gouttes de sang. Elles étaient encore fraîches. Je tombais alors à genoux dans la neige, pour vérifier que je ne rêvais pas. Le liquide chaud était bien réel. Plus loin, d'autres gouttes. Plus loin aussi, encore et encore du sang. Je reprenais espoir, et c'est la nuit de mes soixante dix-huit ans que je retrouvai enfin la procession. C'est également au cours de cette nuit là que le spectre principal arrêta la file. J'étais tapi dans la neige, mais il se tourna vers moi. Ah ! Si j'avais su, j'aurai couru en arrière, ouvert les yeux, oublié tout. Mais non. J'étais fasciné. La voix grave de l'ectoplasme retentit dans la vallée. Il m'appela à le rejoindre. Je m'avançais, tremblant comme une feuille, à la fois impatient et nerveux. Je me tenais droit, fier, l'air sur de moi. J'arrivai devant le chef des spectres qui m'observa longuement avant de me pousser vers un rang ou grouillaient des jeunes vampires. Nous marchâmes longuement cette nuit là, si longtemps que je fus courbaturé lorsque je m'éveillai enfin. Les journées passaient rapidement, et à peine arrivé chez moi, je fermais les yeux et poursuivait notre voyage. La nuit de mon soixante dix-neuvième anniversaire, nous arrivâmes devant une porte. Immense. Les gonds de fer étaient enfoncés dans la montagne comme dans de la chair. Le spectre principal se plaça devant et frappa trois coups sourds, et la porte s'ouvrit en grinçant. Mon cœur battait la chamade. J'étais comme arrivé au terme de mon voyage, après presque soixante dix-neuf ans de marche, de peurs, de joies, je me tenais devant les portes de ma vie. Derrière, je distinguais de l'agitation, et lorsque nous entrâmes dans la montagne, les portes se refermèrent sur nous brutalement, nous avalant complètement. J'ouvris les yeux. Mais il n'était pas l'heure, il n'était même pas minuit ! J'essayai de replonger dans la montagne, je fermai les yeux incessamment, jusqu'à ce que les murs ensanglantés du pic réapparaissent. Je venais de perdre ma dernière chance de m'en sortir vivant. Tout s'enchaîna très rapidement. Nous fûmes séparés les uns des autres, poussés vers des chemins différents, plongés dans des liquides rougeâtres pour certains, d'un blanc laiteux pour d'autres. Nous passâmes tour à tour dans divers ateliers, on nous lacéra la peau des joues pour tordre nos sourires joyeux, on défigura la plupart des jeunes vampires qui m'accompagnaient, je fus électrocuté, et c'est les cheveux gris dressés sur mon crâne, les yeux rouges, du sang coulant de ma bouche et les vêtements usés que je fus transporté dans une salle rouge. Les spectres les plus hideux que j'ai vu jusque là étaient rassemblés ici. Je remarquai alors que je n'étais pas seul. Six vampires, un loup-garou, un homme-citrouille, deux colosses et trois araignées escortant un zombie se tenaient également debout, en face des ectoplasmes. Je les rejoignit rapidement. Ils ne me jetèrent pas même un regard froid, rien de rien. J'étais frigorifié. Le sang coulait toujours de ma bouche et de la coupure qu'on m'avait faîte à l'épaule, gouttant sur le sol qui semblait absorber chaque larme du liquide chaud afin de renforcer sa couleur. Le spectre le plus vieux s'avança vers nous. Il examina chacun de mes compagnons. Deux des six vampires ne parurent pas lui plaire, il leur trancha la tête froidement. Les corps sans vie tombèrent sur le sol et disparurent, comme absorbés par le sol. Un frisson d'angoisse parcouru mon dos. Et si je ne plaisait pas au spectre ? C'était un risque à courir, il était trop tard pour faire demi-tour. Je pouvais tenter d'ouvrir les yeux ! Non. À quoi bon ? Cela de ferait que remettre à plus tard ce jugement. Le spectre s'approcha de moi, sa mâchoire ruisselante de bave à dix centimètres de mon visage. Il leva son bras tranchant, et m'entailla largement le ventre. Il érafla également mes joues, avant de passer à mon voisin. Le loup-garou n'eut pas la même chance. Son corps sans vie fut absorbé par le sol, comme ceux des vampires. Le spectre marmonna quelques mots. Quelques uns s'avancèrent vers nous. Un par personne. C'est alors que je compris. J'essayai d'ouvrir mes yeux, mais rien à faire, ils étaient collés. Impossible de revenir dans le monde réel. Désespéré, je tentai de fermer mes yeux. Un instant, l'image de ma chambre apparu, avant que mes yeux ne s'ouvrent à nouveau et que les visages des spectres n'apparaissent à nouveau. Mon monde de cauchemar avait pris la place de la réalité. Et la réalité était ce que je vivais. Comment était-ce possible ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Mes derniers souvenirs de mon vivant sont la sensation qu'on me pousse vers l'arrière. Je me suis senti tomber et atterrir sur le sol mou, rugueux et rouge sang de la pièce. Mon corps se tenait debout devant moi, mais je n'étais pas dedans. Un spectre y était. Il admirait ses mains, mes mains, dans la lumière. Moi, j'étais assis, les genoux brisés, faible, je me traînais, jusqu'à la sortie je rampais, espérant qu'aucun des spectres ne remarque ma tentative de fuite. Pourquoi ? Parce que leur festin avait commencé. Le spectre qui avait pris la place d'un des colosses venait de saisir l'âme sans corps et de l'avaler. Net. Mais je réussis à m'enfuir. Je me réfugiai dans les montagnes, en haut d'un pic, loin, très loin des portes de l'enfer. J'étais Archibald Broquemort, spectre sans corps, à la limite entre deux mondes, l'un entièrement créé et alimenté par mes peurs et mes cauchemars, et l'autre, le monde réel, ou je venais de mourir. C'est bête, n'est-ce-pas ? Mourir ainsi, en dormant. J'ai pu retourner dans le monde réel quelques nuits plus tard. J'étais toujours étendu dans mon lit, comme si je dormais, à l'exception du fait que mes blessures étaient réelles, le sang séché laissait une traînée sombre sur mon menton, et les coupures de mes joues étaient visibles. J'ai fermé mes yeux, et j'ai quitté ma maison. Et me voici maintenant, j'erre depuis une centaine d'années, à la recherche de la vérité. Comment suis-je mort ? Pourquoi ?Je ne sais toujours pas. La seule chose dont je suis certain, c'est que je donnerai tout pour réintégrer mon corps. Je le cherche, je sais qu'il est quelque part dans le monde de mes cauchemars. Il m'appelle. Des fois, lorsque je ferme les yeux, je le sens palpiter au fond de moi, et je me retrouve à nouveau plongé dans cet univers. Je le retrouverai un jour. Il le faut.
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MIRA:
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Samedi 31 Octobre
Ça faisait longtemps que j'attendais ce moment. Je le sens, maintenant. Auparavant, c'était inconscient, mais chaque jour qui passait semblait plus sombre. Le ciel se couvrait peu à peu... Cette journée là, la voûte céleste n'avait été que nuages noirs et menaçants, messagers d'une lugubre nouvelle. Et cette nuit s'annonçait froide, sans lune ni étoiles. Une nuit à rester chez soit. Et pourtant !... En écartant les rideaux qui masquaient la fenêtre, je voyais les silhouette furtives des enfants déguisés, gloussants et se bousculant. Les chapeaux de sorcière côtoyaient les longs crocs des vampires, les plus jeunes cachés sous des draps troués gambadaient autour de leur parents... Comment faisaient-ils pour ne pas sentir le danger !? Ne ressentaient-ils pas, comme moi, cette peur oppressante au fond de la gorge, comme un oiseau de proie sinistre qui tournoierait au dessus de leur tête, attendant que le premier tombe ? Et qui tomberait le premier ? Moi... ou l'un de ces gamins ? Contrairement à tout ce que me hurlait mon bon sens, j'ouvre la porte. Le vent glacé rugit, me hurla de ne pas sortir. Il avait raison. Mais que vaut la raison face à ces émotions violentes qui se bousculaient en moi ? Je décidais de l'ignorer, et sortis. La porte claqua derrière moi, avec une violence qui me surprit, mais je ne sursautai pas. Les mains dans les poches, j'avançais contre le vent qui toujours me poussais dans le sens inverse, avec une admirable ténacité que je louais. Mais ça ne servait à rien. Il aurait fallu un ouragan pour m'empêcher de faire ce que je m'apprêtais à faire. Il ne me fallut guère de temps pour trouver une ruelle vidée de tout être vivant. C'était pas très étonnant : il régnait une telle atmosphère de coupe-gorge dans la ruelle concernée qu'il fallait être désespéré ou inconscient pour s'y aventurer. Et moi, qu'étais-je ? Désespéré, ou inconscient ? Un peu des deux, sans doute. Il m'attendait. Je ne le voyait pas, pour dire la vérité. Mais je sentais sa présence aussi sûrement que si il m'avait touché. Il était là – et il venait. Je sentis son contact, quelque chose de tellement froid qu'il me fallut toute ma volonté pour ne pas crier. Son essence effleura mon esprit, et le cœur battant à la chamade, je le laissais faire. Il avança, et ce fut le chaos.
Je crois que je hurlai. Je ne peux en être sûr. Ce qui se passait dans ma tête, à cet instant, était si indescriptible, si abominablement douloureux et perturbant, que je serai incapable de vous le raconter. Et j'espère que ce souvenir, plus tard, s'effacera de mon esprit. J'avais l'impression... que celui que j'hébergeais se cognait contre les parois de mon esprit, brisait souvenirs et pensées, me dévorait peu à peu de l'intérieur. Et chaque instant était une nouvelle aiguille acérée, insupportable, chargée de souffrance et de rancune, qui s'enfonçait dans ma boîte crânienne. Alors oui, je dû hurler. Hurler jusqu'à men déchirer les poumons – et même cette sensation était d'une douceur infinie comparée à ce qu'il faisait subir à mon esprit. Tout cela ne dura que quelques fractions de secondes. Ou une éternité, je ne saurais le dire. Quand la douleur s'estompa, aussi vite qu'elle était venue, je remarquai que j'étais tombé, me traînant dans l'eau boueuse comme un porc dans la fange. J'eus honte de l'image que je donnais. Heureusement, j'étais seul... Il régnait un silence des plus profond. Tant et si bien que je sentis cette peur, avant juste sourde au fond de moi, revenir, doubler, tripler, au point de prendre possession de tout mon être. Je fit ce que me dictait mon instinct : je me levai et fuis aussi vite que me le permettait mes jambes malhabiles, mes peurs irraisonnées sur mes traces. En quelques minutes, j'atteignis la porte de mon appartement, payé à pris d'or, m'appuyai sur le porte et tirai sur la poignée. Je m'engouffrais dans le salon faiblement éclairé. La porte se referma derrière moi, poussée par le vent... ou pas. Mais cela m'importait peu. Je venais de comprendre, enfin, quelle terrible bêtise je venais de commettre. Mais il était trop tard pour reculer. J'allumai les lumières, toutes les lumières. Comme si de chaque recoin sombre allait sortir une créature démoniaque. Et d'ailleurs, pourquoi pas ? Puis, sous l'impulsion de l'être, je rentrai dans le bureau. Cette pièce était ma fierté. Le parquet impeccablement ciré était presque aussi clair que les murs blanc, décoré de dorures délicates et discrètes, justes cachées de temps à autres par un des innombrables tableaux représentant un de mes ancêtres. Trônant au milieu de la pièce, reposant sur un fin tapis aux teintes rouges, une imposante table d'acajou semblait attendre que je vienne. J'avançai d'un pas, un seul. Mes mains tremblaient convulsivement. J'avais le souffle court, comme si je venais de travers toute la ville au pas de course, et non pas juste quelques rues de mon quartier. Et surtout, cette peur lâche, indigne de ce que j'étais... J'avais voulu ce qui m'arrivait ! Je l'avais voulu ! Je l'avais voulu ! J'essayais de m'en convaincre, en vain. Ce sentiment de malaise, cette terreur sale et dégradante... Elle s'accrochait à moi comme un animal indésirable, malade et puant. Et rien, pas même la mort, ne pouvait m'en débarrasser. Vaincu, je m'assit lourdement derrière le bureau. Seul le silence pesant répondait à mes prières muettes. Alors j'attrapais le grand carnet relié de cuir noir où j'avais, jusqu'à alors, noté tout ce qui me semblait important, et le posai devant moi. Les pages blanches semblaient me narguer. La plume, la vieille plume comme il n'en existait plus que dans les antiquités, rejoignit tout naturellement ma main, et un pot d'encre se matérialisa presque devant mes yeux. Je craignais que mes doigts ne tremblent trop pour pouvoir réellement écrire quoi que ce soit, mais lorsque la plume imbibée d'encre se posa sur le papier, ils étaient étonnamment fermes. Bien. J'inspirais profondément, et je m'ouvrit à l'être. Le papier m'aspira et je sombrais dans ses souvenirs.
*
Ils l'ont eut.
Tous les regards se posèrent sur la gamine. C'était une créature sale, sa peau laiteuse cachée sous une couche de crasse. Pas vraiment jolie, avec son nez pointu et ses joues creusées. Le menton fin, les pommettes hautes et saillantes, elle observait de son chaud regard brun le petit groupe face à elle. Les sourcils froncés, elle semblait plus en colère que triste. Ses cheveux, courts et indisciplinés, retombaient en mèches d'un blond sale sur son visage, assombrissant son regard plus que de coutume. Et malgré sa maigreur effarante, malgré sa petite taille et les loques qui lui servaient de vêtements, elle dégageait une aura intimidante. Elle n'avait pas de nom, pas d'identité. Elle disait ne pas s'en souvenir. Peut être était-ce faux. En tout cas, elle le gardait jalousement pour elle, comme cette vieille vague un peu rouillée, avec sa fausse pierre bleue. Dans les quartier, on l'appelait la Tare, la Grippe-tout, ou juste la sale gamine. Dans le petit groupe, elle était Lili, surnom sans signification, sans âme. Ça aurait put être Minie ou Aliénor que ça n'aurait rien changé. Là, les poings sur les hanches, elle attendait une réaction et elle ne fut pas déçue.
Eloi ?
Elle hocha la tête, sans un mot. Le petit groupe fut plongé dans un silence consterné. La gamine les observa un instant, passant de l'air abasourdi de celui qui venait de parler à la mine sombre de l'autre fillette du groupe. Ils ne disaient rien, et ce fut elle qui finit par reprendre la parole, avec une voix assourdie :
Allons y.
*
Il était bien là, parmi tant d'autres. Livide, les cheveux en bataille. Il avait toujours eut peur de ça, plus que tous les autres. Et c'était bien lui qui allait y avoir droit. Son frère lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, jusqu'à la façon dont sa chevelure couleur paille retombait sans grâce sur son front. Son frère mené à l'abattoir, et elle parvenait pas à s'émouvoir. Elle restait vide, absente. C'était le néant et non le désespoir qui la dévorait. Curieux. Elle ne pouvait s'empêche d'être surprise par cette indifférence insoutenable qu'elle ressentait. Elle essayait de l'imaginer, en vain. L'image même de la mort telle qu'elle l'imaginait ne parvenait pas à la sortir de sa torpeur douillette. La fillette ne regardait pas les autres. Si nombreux... Massacrés rapidement, proprement, elle ne voulait pas voir. Elle regardait Eloi, toujours plus proche du moment de sa mort. Il avait l'air sur le point de défaillir. Il avait toujours été peureux... Mais qui, après tout, ne serait pas inquiet ? La mort... Qu'est ce qui ce cachait derrière ce mot ? Il fut mené vers le lieu fatidique avec deux hommes terrorisés. Elle ne les regarda pas. Elle s'en fichait. Il semblait si fragile ! Elle pensait cela, sans la moindre envie de l'aider, de le protéger. Il les cherchait dans la foule, elle le savait, et ils étaient tous là. Mais la foule en question était trop compacte, trop bruyante et agité, pour qu'il puisse y trouver sa famille. La corde autour du cou, il scrutait toujours les centaines de têtes inconnues tourné vers lui. Son affolement était visible. Il tremblait presque convulsivement, son regard fou allant et venant. En vain. La trappe s'ouvrit et son frère se brisa proprement la nuque dans un craquement sonore. Il pendait de la corde, le visage tordu en un rictus de terreur, le cou dans un angle impossible. Son corps flasque se balançait tout doucement... Ça avait été si rapide. Ses yeux étaient mi-clos, fixés sur elle pour l'accuser. La Fautive. La gamine fit demi-tour et s'en alla, courant pour échapper à ses cauchemars.
*
La nuit tombait, maintenant. Était-elle folle ? Était-ce juste un rêve, une illusion ? Quelle importance, après tout ? La raison n'était qu'un fardeau encombrant, barrière au bonheur. Si elle voulait la brider, elle la détruirait. Rien de plus. L'église jetait sur le cimetière une ombre immense, sombre et menaçante. Eloi n'avait pas de tombe, bien sûr. Ils avaient balancé son corps quelque part et ils l'avaient sans doute brûlé, pour ce qu'elle en savait ! Alors, sous l'unique et grand arbre, tout au fond, elle avait dressé une petite pierre en son honneur. C'était juste un morceau de dalle, en vérité, bien plate et unie. Elle ne savait pas écrire, alors elle n'y avait gravé qu'une large croix. Sans bien savoir pourquoi elle faisait ça. Et elle s'était assise face à la pierre, déposant quasi religieusement un petit bouton d'or, unique fleur qu'elle était parvenue à trouver, en s'éloignant un peu dans les champs. Puis elle c'était assise face à sa petite tombe improvisée, se sentant profondément ridicule. C'est là qu'elle était encore aujourd'hui, les genoux repliés contre sa poitrine, les yeux dans le vague. Ses doigts grattaient machinalement une plaie purulente sur son pied. Elle s'était fait mordre par le chien de l'auberge. Elle l'attendait encore, ses pensées allant et venant. Oh, il ne tarda pas ! Mais elle était toujours en avance. Son frère, arrivant derrière elle sans un bruit, lui pinça le bras d'un air taquin et elle se retourna d'un bloc, craignant comme toujours que ce ne soit pas la vérité. Mais il était bien là, en chair et en os. Toujours aussi blond, aussi souriant, avec son éternelle tête d'idiot. Comme toujours, elle le serra dans ses bras, comme pour l'empêcher de partir. Et il riait, murmurant à son oreille que la mort n'aurait pas pu les séparer. En vérité, dans ses moment de pessimisme, elle s'interrogeait. Son frère n'avait jamais été qu'un fardeau braillard sur ses pas. Il l'avait toujours agacé, toujours énervé. Elle avait mille fois espéré se débarrasser de lui un jour, le capricieux petit gamin. Seule l'horreur de sa mort était parvenue à la toucher... et non pas sa disparition en elle même. Alors qu'elle était tout pour lui. Non ? Il la suivait partout, la contemplait des heures durant, et après la mort de leur mère, elle avait toujours été son modèle en tout et pour tout. Il la collait, il lui souriait, il était toujours d'une gentillesse niaise qui l'avait tant exaspéré auparavant. Elle l'aimait à présent autant qu'elle l'avait détesté. Combien de fois était-elle déjà venue ici ? Quittant ses amis et ses compagnons en faveur de son frère tant négligé. Qu'importait ? Ils n'étaient rien. Il ne s'inquiétaient pas pour elle. N'est ce pas ? Seul son frère comptait. Bien sûr. C'est ce qu'il murmurait à ses oreilles, après leurs jeux enfantins entre les tombes. Il fallait les voir ces deux là... Se poursuivant entre les croix et les statues, leurs rires montant jusqu'au ciel. Il 'y avait plus qu'eux qui comptaient. Rien n'avait d'importance quand ils étaient réunis. Ce jour là, ils ne jouèrent pas. Assis sous l'ombre de l'arbre, malgré le fait que le soleil se soit couché depuis maintenant bien longtemps, Eloi chantonnait. Il avait une jolie voix, quoique étrange. Pleine d'échos, comme un chœur un peu lugubre. Et elle l'écoutait, la tête dans les étoiles.
Combien de fois elle retourna dans ce cimetière ? Combien de fois elle chantonna avec son frère, le teint cadavérique, maigre d'oublier de se nourrir, exaltée par ses promesses de réunion prochaine ? Peut-on imaginer sa joie à retourner le voir, ne pensant qu'à lui, ne vivant que par lui, complètement fascinée par ce qu'était devenu cet être pourtant si banal. Seul le voile de la mort les séparait encore... Fin, si fin ! Il ne représentait rien. Elle faisait inlassablement le même trajet, boitillant sur son pied enflé, traînant sa jambe gangrénée... Elle s'en fichait. Ce bout de chair pourrissant ne valait pas la peine de s'inquiéter. De temps à autres, ses doigts frôlaient la chair, ignorant la douleur, ignorant le dégoût, ignorant la peur. Car elle en était dépourvue. Il n'existait plus que son frère, comme un innocent papillon de nuit est attiré par la flamme. Assise devant la tombe, elle posa la main sur son mollet insensible, et sourit à son frère. Celle-ci garda son sérieux, pour une fois. Il la regardait, impassible, avant de dire, d'un ton léger :
-C'est bientôt l'hiver. -Et alors ?
Qu'était l'hiver ? Une saison où elle le verrait moins que normalement ? Cette idée saugrenue l'inquiéta.
-Je vais devoir partir. -Partir où ? Pourquoi !?
Elle semblait dépassée. Son frère souriait à présent, à mi-chemin entre l'attendrissement et l'amusement moqueur. Quand il voyait ce qu'il avait fait, lui, de sa sœur... Il lui avait tout enlevé, jusqu'à son identité et ses sentiments. Il ne restait qu'un pantin dont l'unique préoccupation était un fantôme qu'elle croyait aimer. Elle ne faisait que s'accrocher à lui pour ne pas sombrer. Et cela ne servait à rien. Elle était malade, rachitique, livide. Blessée, déjà au seuil de la mort. Mais était-ce assez ? Était-ce une vengeance suffisante ? Il l'aimait, comme le meilleur des frères aime sa sœur. Elle l'avait misérablement trahi. Quel autre nom aurait-il pu donner à une telle lâcheté ? Trahison. Il souhaitait autant son bonheur que sa descente dans les entrailles de la Terre. Et il avait réussi. Elle ne le savait pas encore, mais sa chère sœur si comblée était déjà en Enfer. Il ne lui expliqua rien, ne dit rien de plus. Il prit tendrement sa main, jouant avec ses doigts, l'air pensif. Après un instant d'hésitation, il lui demanda, sa voix si claire murmurant :
-Tu regrettes ? -Non.
La réponse avait fusé, claire et innocente. Elle ne regrettait donc vraiment pas sa mort, au fond d'elle. Il aurait voulu... Il la lâchât, et elle parut blessée par le petite geste dédaigneux grâce auquel il se dégagea. D'une infinie douceur, il lui expliqua, comme si il s'était agi d'un jeune enfant :
-Alors je ne regrette pas non plus.
Il serra une dernière fois le corps famélique de la jeune fille contre lui. Elle semblait inconsistante tant elle était maigre. C'est lui qui avait fait ça. Et il n'en ressentait nul remord. Ils se levèrent tous les deux, la fillette vacillant sur son unique jambe valide. Alors il disparut, comme emporté par la brise, et elle resta seule, seule et misérable. Une rafale de vent se leva, et avec elle, emporta les dernières traces de son frère. Vengé et en paix.
Et elle, qui la vengerait ?
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La bouteille d'encre se renversa. Elle était vide, maintenant. Abasourdi, la main tâchée de points noirs, je me rendis compte que je tremblais. Épuisé comme si je venait de sortir de transe. Je n'avais plus qu'une envie : monter à l'étage et m'allonger un instant, ou plus d'un instant. Même le stylo m'inspirait un dégoût profond et je le reposais. Je m'en débarrasserait dès que possible. A vrai dire, je ne gardais aucun souvenir. Juste un goût âcre sous le palais et un malaise que je ne saurais pas expliquer. Je mettais penché sur cette feuille, et alors... L'esprit s'était évaporé, comme si il n'avait jamais existé. Sa présence ne pesait plus sur moi, et je me sentais si léger que ce fut le soulagement qui triompha de la fatigue. Je baissai les yeux sur mon cahier et le choc que cette vue me causa me saisi les entrailles. Pas mon écriture : des lettres rondes et enfantines, hésitantes comme si il n'avait jamais écrit auparavant. Mes mains tremblaient. Néanmoins, je tournais les pages jusqu'à la première d'entre elle et je me plongeai dans la lecture. Au fur et à mesure que j'avançais, les souvenirs me revenaient, frappants, douloureux. La sensation crépitante de la peau noire du pied gangrené sous mes doigts. La douceur irréelle de la voix de mon frère. Mon frère ? Je m'égarais. Il valait bien que je ne me rappelle pas de tout ça. Demain, je l'abandonnerais quelque part. Ne plus jamais a revoir ce que j'avais vu, ce soir. J'aurais voulu lancer le carnet par la fenêtre dès maintenant. A la place, il retrouva l'ombre du tiroir. Et avec un peu de chance, il y resterait jusqu'à ma mort. Je peinai à me lever, mes jambes ankylosées protestant vaillamment. Je me traînai plus que je marchai. Derrière le rideau, plus aucun enfant. La nuit devait être bien avancée, à présent... Seule une petite fille blonde, maigre comme un clou et pâle comme la mort, me regardait encore à travers la vitre.
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MAL:
| Spoiler: | | | (partie en italique sujet de rédac, donc non écrite par Mal) La pendule sonna onze heures. le vibrement du dernier coup retentit longtemps, et, lorsqu'il fut éteint tout à fait... Oh ! Non, je n'ose pas dire ce qui arriva, personne ne me croirait et l'on me prendrait pour un fou. Les bougies s'allumèrent toutes seules ; le soufflet, sans qu'aucun être visible lui imprimât le mouvement, se prit à souffler le feu, en râlant comme un vieillard asthmatique, pendant que les pincettes fourgonnaient dans les tisons et que la pelle relevait les cendres. Ensuite une cafetière se jeta en bas d'une table où elle était posée, et se dirigea, clopin-clopant, vers le foyer où elle se plaça entre les tisons. Quelques instants après, les fauteuils commencèrent à s'ébranler, et, agitant leurs pieds tortillés d'une manière surprenante, vinrent se ranger autour de la cheminée. Je me frottai les yeux pour m'assurer de la réalité de ce que je voyais ; il n'y avait aucun doute là-dessus. l'idée me vint alors que j'avais trop bu au dîner, que me vue se brouillait avec l'alcool. Pourtant... J'aurais mis ma main au feu que tout ceci était vrai ! Une buche de bois me bouscula et se rangea elle aussi dans les flammes. Un cliquetis métallique se fit entendre derrière moi ; je me retournai et eus tout juste le temps d'apercevoir la clef tourner dans sa serrure : elle sautait déjà à terre et rampait vers la cheminée. Affolé, je voulus l'attraper pour sortir de ce maudit salon. Rien à faire : la clef courait plus vite que moi ! M'ayant largement distancé, elle bondit tout aussi facilement dans la cafetière incandescente et je dus renoncer à la récupérer. Peut-être l'aurais-je eu avec quelque instrument, mais tous les objets semblaient devenus fous et la perspective seule d'en toucher un m'effrayait. Je tentai de m'échapper : une fenêtre et une porte, c'était grandement suffisant. Je soupirai de soulagement à la pensée d'être enfin délivré de ce cauchemar. La porte d'abord : j'accourais vers elle avec une sorte d'espoir inconsidéré, quand je m'arrêtai soudain, pris d'un horrible doute. Je tendis fébrilement ma main vers la poignée, l'enclenchai les yeux fermés pour ne pas voir le pire en fac. Cela ne servit à rien ; je sentis une violente douleur à la paume et sursautai sous l'intensité de la souffrance. Il me sembla alors distinguer un diabolique sourire sur cette poignée. Je frissonnai avant de m'intéresser à ma main endolorie : une énorme morsure écarlate barrait ma paume, formant une trace effroyable et sanguinolente. Malgré l'épouvante qui s'emparait à chaque instant un peu plus de moi, je me décidai à briser la vitre sans chercher à l'ouvrir d'une manière plus convenable. De mon poing déjà blessé, je donnai un coup désespéré dans le vieux carreau fin qui se fractura sans autre complication. Je me sentais enfin libre. Erreur. Alors que je me lançais à la conquête d'un air plus pur, une force invisible et inconnue me repoussa et me renversa dans un fauteuil. J ne comprenais plus rien. La peur. Oui, c'était cela, la peur me rendait fou ! Ou alors, oui, plutôt, ça correspondait mieux !... J'avais dû prendre sans le savoir une drogue ou un poison hallucinogène. Après tout, on ne sait pas de quoi sont capables ces savants jaloux des conventions. J'avais en effet entendu la tragique histoire d'une femme qui avait un jour découvert le secret d'une formule très convoitée et qui fut assassinée par son propre mari afin qu'il lui volât sa trouvaille. N'est-ce pas effroyable ? Je frissonnai. Toujours avachi sur cet immonde fauteuil, je m'efforçai de retrouver mon calme. Je n'étais pas poltron, pusillanime, mais tout cela - il faut l'avouer - me donnait la chair de poule. J'essayai de trouver une explication cohérente et rationnelle. Je cherchai longtemps en vain, échafaudant solution sur solution. Je commençais sérieusement à perdre espoir quand brusquement me vint à l'esprit une épouvantable pensée : j'étais assis sur un siège, ce même siège qui, quelques instants auparavant, s'était promené à travers le salon. Pris d'une panique soudaine, je bondis à la fenêtre pour m'échapper ; inutilement : la même mésaventure que précédemment m'arriva. A peine arrivé sur le fauteuil, je rebondis et me jetai sur la porte, alternant coups de poing, de pied, de tête... Je ne réussis qu'à me faire mal. Il fallait pourtant que je rejoigne ma chambre, adjacente à ce maudit salon ! là, au moins, j'étais sûr de pouvoir appeler à l'aide. Derrière moi, un bruit sourd se fit entendre : je me retournai à temps pour voir une file de livres se former à terre et avancer d'un as militaire vers le foyer. Les fauteuils s'écartèrent pour laisser passer la procession qui s'élançait dans les flammes pour nourrir le feu. Soudain, un ouvrage attira mon attention : il était plus gros, plus grand, sa couverture de cuir avait une couleur étrange, et des lacets de satin le retenaient fermé. Mais le plus étrange restait sa place dans la colonne : un espace plus grand que les autres se tenait devant et derrière lui, comme si les autres livres l'honoraient. J'avançai et le pris. Un instant, les "adorateurs" de ce gros volume semblèrent hésiter, mais tous reprirent rapidement leur allure normale. A vrai dire, j'avais un peu peur que l'ouvrage ne me mordît. Peur stupide, me direz-vous, mais peur excusable en ces circonstances. Je défis les liens de satin et les laissai tomber à terre. J'étudiai la couverture : de cuir rouge sang et usé, il était simple, seules quelques frises ornaient les bords ; en plein milieu s'étalait par contre un signe, un symbole indescriptible. Que signifiait-il ? J'étais savant, certes, mais je ne pensais pas avoir jamais vu un tel dessin : des cercles, des traits, des carrés... Tout cela entrecroisé pour former ce que j'avais devant les yeux. Étrange... J'ouvris le livre. Ce qu'il contenait était effroyable. Rien ! Toutes ces feuilles étaient vierges ! Je les parcourut un certain temps. Concentré dans ma tâche, je remarquai à peine la lourde bibliothèque se faufilant jusqu'à la cheminée. Enfin, je trouvai la page. L'unique page écrite, en style manuscrit. Mais cela ne m'aidait guère : elle était recouverte de caractères incompréhensibles. Une chose surprenante arriva subitement : les symboles inconnus se brouillèrent, se déformèrent et se changèrent pour qu'enfi apparaisse le même texte, traduit en alphabet latin. C'était apparemment un poème, en vers et en rime. Je le lus :
"Ah ! ah ! ah ! lau crecei ! Pon ta fa messei ! Mem ovra ta elm finq dis, Lo es ta mum pacris ! Mam cryptem fanas, Teïndei tor catanas ! Mim ta omei es komit, U nem ta apprakit ! Siluam, lau crecei, Ta héa es crips sen oneu omei !"
Je contemplai un long moment l'écrit. Sa langue, sûrement ancienne et d'une civilisation étrangère, était envoûtante. Mais indéchiffrable. J'avisai que les mots "lau crecei" apparaissaient deux fois, et "ta" six. Que tout cela voulait-il dire ? Un poème, un chant, un conte, une malédiction, qu'en savais-je ? Des crépitements inhabituels me détournèrent de mes pensées. Je levai la tête. Je pâlis. Quoi ? Qu'était-ce ? Non ! Ce... c'était impossible ! Pareille chose ne pouvait exister ! Je poussai un cri d'horreur et lâchai mon ouvrage : une armée d'objets enflammés s'avançait vers moi, un sourire diabolique formé par le feu sur leurs immondes faces. Les livres, les fauteuils, la cafetière, la bibliothèque, la bûche, la clef... Ils étaient tous là ! Je tremblais, terrorisé par ce terrible spectacle. Qu'avais-je fait ? Que me voulait-on ? Pourquoi moi ? Une drogue ? Un poison ? Un cauchemar ? La... réalité ? Je ne savais plus quoi imaginer. Pire : cela dépassait mon imagination. Je me retournai et secouai la porte avec l'énergie du désespoir. Rien à faire, elle refusait de s'ouvrir. Je me plaquai alors dos au mur, paralysé par la peur. J'aurais bien hurlé pour évacuer ma terreur, mais j'étais bien trop effrayé pour cela. Les émotions dépassaient les mots, les gestes. Je fermai les yeux au moment où la première flamme me frôla.
*
Je ne me rappelle plus de ce qu'il se passa à cet instant. Je m'évanouis peut-être, je criai, j'appelai, je priai... Mes souvenirs sont comme effacés. Je ne suis plus à présent qu'un fantôme. Un fantôme ? Non, je dirais plutôt une âme flottante, une entité. J'en ai d'ailleurs rencontré d'autres, comme moi. A la différence près qu'elles sont plus vides, plus amorphes que moi. Peut-être est-ce le temps qui les rend ainsi. Je n'ai toujours pas trouvé d'explication à ce qui m'est arrivé ; et ne pouvant écrire ni fouiller dans les bibliothèques de cette maison hantée qu'est mon tombeau, je n'ai pu traduire l'étrange poème. Mais je crois que c'est lui qui est à l'origine de mon malheur et de celui des autres, car beaucoup d'âmes le chantent. Et si c'était cela, la clef de l'énigme ? Décrypter le message pour reposer en paix... J'entends maintenant le grondement des ouvriers. La maison va être détruite, et remplacée par un établissement quelconque. Un collège, je crois. Le collège La... Laquelquechose. Je ne m'en occupe pas. De toute façon, cela fait longtemps que j'ai perdu espoir, des dizaines d'années...
Pour toujours je continuerai à errer, Et cela jusqu'à pouvoir en paix reposer.
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CHOKI'Z:
| Spoiler: | | | Je n'avais pas prévu de passer ma soirée d'Halloween ainsi . C'était une journée d'automne , pluvieuse et glaciale . Aucun de mes amis n'étant disponible , j'étais restée seule chez moi , avec pour compagnie ce cher Mister Jack de Tim Burton et mon saladier rempli de bonbons tous plus appétissants les uns que les autres : œils visqueux , dents de vampires , serpents , araignées ... J'avais du m'assoupir devant le générique de fin du film , bercée par la chaleur de la cheminée crépitante à coté de moi . Et c'est à ce moment là que j'avais senti une vague de froid me transpercer de part en part , j'avais eu l'impression de traverser un banc de brume flottant un matin glacé d'hiver . Évidemment , je m'étais réveillée en sursaut , renversant au passage le grand saladier blanc poser sur mes genoux , l'envoyant valser à mes pieds dans un multitude de fragments de verres et m'entaillant profondément l'index gauche par la même occasion . Les gouttes de sang s'éparpillaient à présent sur la porcelaine blanche brisée mais également sur le parquet devant la cheminée . C'est alors que je l'entendis . Je crus d'abord que j'avais rêver , puis cela recommença , plus fort que précédemment . Un rire sinistre , machiavélique , à vous glacer le sang . Je sentis tous mes cheveux se dresser instantanément le long de ma nuque et si le saladier n'était pas déja par terre , je l'aurais probablement lâcher à ce moment là . - Bonsoir jeune demoiselle . Mon corps entier se paralysa tandis que mon index continuait de saigner abondamment sur mon chemisier . - On ne peut pas dire que la politesse vous étouffe . Je m'arma alors de tout mon courage et me retourna pour faire face à ... personne . - Ne me cherchez pas , vous ne pouvez me voir . - Qui ... Qui êtes vous ? - Je suis Sir Patrick Delaney-Podmore . Tremblante , je lui demanda : - Et ... Que me voulez vous ? - Je vous ai choisi , chère âme innocente . Vous respirez la naïveté . Mais vous semblez également avide de vérité , vous croyez en moi , même si vous n'osez l'avouer , c'est pour cela que je vais vous révéler ce que vous mourrez d'envie de savoir au plus profond de vous ! Qui suis je ? Pourquoi vous ne pouvez pas me voir mais m'entendre ? D'où viens je ? Ou vais je ? Qu'ai je fais ? MUHAHAHAHAHA ! JOYEUX HALLOWEEN CHÈRE AMIE ! La sensation de froid en moi redoubla , m'arrachant un frisson tandis que les lumières autours de moi vacillaient . La voix caverneuse s'amplifia et entama son récit . << - C'était il y a fort , fort longtemps . Une journée d'automne , comme aujourd'hui ; sombre , glaciale , brumeuse ... Le soir tombait sur le Pays de Galles , là ou se trouvait ma demeure . J'avais passé la soirée à la taverne , et c'est là que je l'avais appris . Un cavalier était arrivé au grand galop devant la porte et l'avait ouverte à la volée en criant qu'un homme en cape noir venait de pénétrer dans l'enceinte du château ou j'habitais . Je m'étais lever avec précipitation et avait galoper le plus rapidement possible dans la pénombre du soir tombé . La brume flottait entre les arbres alors que le bruit assourdi des sabots résonnait sur les chemins boueux . Après avoir pénétré les murs , je sautais au bas de l'étalon et me hâtait vers la maison en appelant désespérément ma femme . Et c'est là que je découvris ce qui fit basculer ma vie . Ma chère et tendre , celle a qui j'avais tout donné , celle que j'aimais au plus profond de mon etre dans les bras d'un ... bandit de grand chemin ! Tout alla ensuite très vite . Je me souviens avoir saisit mon poignard , et la rage m'aveuglant , frapper celle à qui j'avais offert mon cœur et celui qui avait remplit mon office de mari ce soir là . Je me souviens de leur sang souillé sur mes doigts , je me souviens de cette rage que j'ai éprouvé , je me souviens également de mon chagrin , de leurs cœurs s'arrêtant de battre ... Chaque détails sont inscrits dans ma mémoire .Je me souviens encore de ses cris , ces supplications , j'ai beau avoir mis fin à mes jours après cela , je les entend toujours résonner dans mon esprits , et ce soir plus que d'habitude , écoute , je suis sur que tu peux les entendre , ces âmes damnées , hurler de désespoir toute la nuit ... Cette sensation de ne me quitte pas , elle ne me quittera jamais . Je suis mort mais condamnée à la souffrance à tout jamais , bienvenue en enfer ! >> Les bougies s'éteignirent d'un coup , je me senti vaciller , tomber de tout mon poids , un long cri déchirant résonnant dans mon esprit avant que je heurte le sol .
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JADE:
| Spoiler: | | | Une voix douce et pure
Des paroles, des chuchotements... Des voiles blancs volant gracieusement autour de moi... Je ne savais pas ce que c'était. Tout ce que je savais, c'est que quelqu'un, ou plutôt quelque chose voulait se confier à moi. Je ne comprenais rien. Simplement des sons, ressemblant à du vent perdu dans les branches d'un arbre mort. Peu à peu, les sons devinrent plus précis. Bientôt, je compris. Je compris que cette voix douce et mélodieuse avait été torturée, maltraitée, soumise aux désirs de ces autres personnes... Elle se confiait à moi avec prudence, sa voix remplit de tristesse, de colère et de rage, comme un écho pur qui crie sa détresse. Et, là, je compris. Je compris qu'elle, comme moi en ce jour lugubre, avait été prise pour une folle. Voici ce que me disait cette voix, voici ce que me disait cet esprit...
« J'entendais des voix. En ce même jour, 31 octobre 1974. J'étais perdue, je ne savais plus que faire. J'ai tout raconté aux voyants que je consultais. Je croyais en ces choses-là. Oui, j'y croyais, avant qu'ils ne me rendent la monnaie de ma pièce : jamais je n'aurais dû y croire. Jamais je n'aurais dû aller les voir... Je serais encore vivante, en ce jour. Car, oui, j'étais jeune. J'étais à peine devenue une adolescente. J'étais heureuse de ma vie, bien logée, bien nourrie. Toi, petite humaine qui m'entends, ne répète jamais ce que je te dis. »
Je ne comprenais toujours pas. Pourquoi cette voix se confiait-elle à moi ? Pourquoi me racontait-elle de pareilles choses ? Je demandai à voix haute ce qu'il se passait. La voix devint de plus en plus forte, la rage berçant et inondant ses moindres paroles. Je compris que le monde était injuste, cruel et sans pitié...
« Ils m'ont pris pour une folle. Pour une sorcière réincarnée. Connais-tu Jeanne d'Arc ? Oui, tu la connais, humaine... J'ai vécu la même chose qu'elle. Mais j'ai souffert bien plus... »
Une vieille peinture de Jeanne d'Arc m'apparut à l'esprit. C'était comme ça que, désormais, j'imaginais cette voix. Cette voix qui s'était infiltrée dans mon esprit comme les plus anodines des pensées. Elle poursuivit :
« J'ai souffert. Je ne souhaite pas tellement en parler. Mais cela me pèse comme le plus lourd des fardeaux. Toi, qui a croisé mon chemin, doit comprendre ces paroles. Je suis une âme errante qui a subit des choses affreuses... J'ai été considérée comme un objet. J'ai eu très mal. Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je me confie à toi, humaine. Désormais, tais-toi. Tu ne dois pas vivre ma vie. Va-t-en maintenant. Part, et n'oublie pas. Savoure ta vie, savoure. Adieu. Un jour, tu me rejoindras... »
Je tournai les talons, tremblante. Ces aveux étaient très étranges... Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Qui était-elle réellement ? Quel était son nom ? Pourquoi me racontait-elle ces choses si radicalement ? Ces questions tournaient et tournaient encore dans ma tête, parmi de nombreuses autres encore. Mais jamais je n'aurais la réponse... Si, un jour. Quand je la rejoindrai.
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_________________ i Am The King Timmy ![ Nombre actuel de victimes : 22 dévorées sans pitié ]
Dernière édition par Loly Pop * le Jeu 14 Jan - 23:09, édité 1 fois |
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